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LES RITUELS DE CLASSE

samedi 20 octobre 2012, par Philippe Clauzard

- De l’importance des rituels :

Les rituels sont un moment (qui peut d’ailleurs se décliner en plusieurs moments distincts) particulier dans la vie de la classe. Ils servent à structurer l’enfant en lui donnant des repères, c’est pour cette raison que l’on peut également utiliser le terme d’ « activités repères ».

- Exemples de Rituels de classe

POUR L’ELEMENTAIRE

1. Le Calcul mental : Une dizaine de calculs à résoudre de tête de difficulté croissante tout au long de l’année.

2. Un toilettage de texte : Un texte écrit au tableau avec des erreurs d’orthographe. Les élèves proposent des corrections et argumentent. Le texte correct est alors recopier sur le cahier. Il servira de support à la chasse aux mots.

3. La chasse aux mots : Relever des mots par nature dans un texte et repérer la fonction des groupes de mots (en soulignant dans la phrase.)

4. Vocabulaire : Mémoriser l’orthographe lexical de mots par l’intermédiaire d’une liste de mots personnels (un relevé de mots ayant été mal orthographié par l’élève dans une de ses productions) ou en suivant la progression de l’échelle Dubois Buyse. Ou élaboration d’arcs sémantiques autour de thèmes (La ville, le tourisme, la montagne....)

5. Conjugaison : Conjuguer un verbe à différents temps et employer ce verbe dans une phrase.

6. Opération : Poser des opérations et les résoudre. On peut les associer à des problèmes types.

7- Phrases à problèmes grammaticaux et orthographiques à résoudre.

A compléter pour l’élémentaire

POUR LA MATERNELLE

Il est nécessaire de ne pas confondre les activités ritualisées c’est-à-dire revenant régulièrement voir quotidiennement et lancées par des « formulettes » (comme l’heure du conte : « cric, crac, l’histoire est dans mon sac », l’heure du rangement : « il est midi moins le quart, mon cher Gaspard, qui te l’a dit, mon cher Jérémie… »), et les activités fonctionnelles qui structurent l’espace, le temps et ont un sens dans la vie de la classe (connaître le nombre d’enfants mangeant à la cantine, savoir quel jour on va à la bibliothèque,…) et qui peuvent être réparties dans la journée. Il est fondamental pour obtenir l’attention et la participation des élèves, de montrer l’aspect fonctionnel de ce travail en soulignant son sens et son utilité . Il convient donc de distinguer les rituels des autres moments collectifs de la classe :
- chants, poésies, comptines, jeux de doigts
- séances de langage oral construites par l’adulte
- lecture d’albums de littérature enfantine
- établissement et suivi du projet de la classe ou d’école
- conseils de coopération
- conte
- collation Nous aurons donc présent à l’esprit ce 2ème sens du mot « rituel », comme celui d’un réel moment de travail.

(Suite de l’article : www.ac-clermont.fr/ia03/pedagogie/maternelle/LES RITUELS.pdf )

Remarques de P. Meirieu (extrait de meirieu.com)

nous devons inventer, dans les contraintes et les situations qui nous sont imposées, des rituels féconds : c’est à dire des rituels qui rendent visibles les césures nécessaires à l’organisation scolaire et qui soient utiles pour les élèves et leurs apprentissages. Permettez-moi un exemple emprunté à ma pratique de professeur de Lettres, aussi bien en collège qu’en lycée professionnel : convaincu de la nécessité de mettre les élèves « en situation mentale » propice au travail que je devais faire avec eux, j’ai décidé de faire figurer, au début de chaque séquence de mes cours, une citation littéraire au tableau avant l’entrée des élèves. Je me mettais ensuite à la porte et faisais entrer les élèves un par un en silence. Durant les cinq premières minutes du cours, chaque élève devait noter cette citation sur son carnet et s’efforcer de l’apprendre par coeur. A partir du second trimestre, je passais le relais aux élèves : chacun d’entre eux, à son tour, devait venir inscrire une citation au tableau... Triple avantage : 1) on institue ainsi un temps de césure qui favorise une disposition mentale et permet de démarrer le cours dans de meilleures conditions ; 2) on favorise la mémorisation, on enrichit le vocabulaire et les structures syntaxiques des élèves ; 3) on développe la culture des élèves et on nourrit leur curiosité intellectuelle.

Bien évidemment, cette proposition n’est qu’une technique parmi d’autres adaptée à une discipline particulière. Il convient de réfléchir, chaque fois, en fonction de l’âge des élèves et des spécificités de la matière enseignée, à la nature du rituel le plus fécond (ce ne sera évidemment pas le même en EPS, en géographie, en physique et en langue vivante...).

Enfin, il faut également réfléchir aux césures à l’intérieur d’une séquence de cours. Il est très important, en effet, de marquer, par des rituels adaptés, les passages entre le travail collectif, le travail individuel, les travaux de groupes, les moments d’expérimentation, de lecture silencieuse, etc... Chaque fois, il est indispensable de clarifier les attentes auprès des élèves : « Qu’est-ce-que l’on va faire ? Qu’est-ce-que cela exige de chacun ? Comment on va y parvenir ? ». Il est aussi fondamental d’être ferme sur les consignes, d’éviter de laisser des situations flottantes où plus personne ne sait exactement ni ce qui est attendu de chacun, ni ce qui est interdit. Le principe essentiel est qu’à chaque moment le maître incarne et mette en place concrètement une situation d’apprentissage clairement identifiée.

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