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Repères sur l’école élémentaire

dimanche 16 décembre 2012, par Philippe Clauzard

L’école élémentaire présente deux cycles aux orientations majeures et différentes mais complémentaires... malgré les successions de nouveaux programmes de cette dernière décennie. Nous avons le cycle des apprentissages fondamentaux et le cycle des approfondissements. Ce que le premier cycle a de fondamental, c’est l’apprentissage de la lecture - écriture et des premières activités numériques. Le cycle suivant approfondit l’exercice de la lecture et de la production d’écrits avec l’étude de la langue, en lien avec une première sensibilisation aux œuvres de littérature. Il approfondit aussi les activités mathématiques, les connaissances culturelles et scientifiques de notre patrimoine.

L’école élémentaire présente deux cycles aux orientations majeures et différentes mais complémentaires... malgré les successions de nouveaux programmes de cette dernière décennie. Nous avons le cycle des apprentissages fondamentaux et le cycle des approfondissements. Ce que le premier cycle a de fondamental, c’est l’apprentissage de la lecture - écriture et des premières activités numériques. Le cycle suivant approfondit l’exercice de la lecture et de la production d’écrits avec l’étude de la langue, en lien avec une première sensibilisation aux œuvres de littérature. Il approfondit aussi les activités mathématiques, les connaissances culturelles et scientifiques de notre patrimoine.

- PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE L’ÉCOLE ELEMENTAIRE :

- L’école élémentaire a pour mission de favoriser la réussite de chaque élève et le développement de toutes ses capacités avec une exigence fondamentale : la maîtrise de la langue, clé de la prévention de l’illettrisme.
- A l’école élémentaire, les horaires et programmes font une part essentielle à la langue, à la lecture et à l’écriture. Ils redéfinissent des attentes, précisent des éléments de progression et introduisent de nouvelles pratiques liées à la littérature, en s’accordant aux enjeux culturels et technologiques d’aujourd’hui.
- L’enseignement des langues vivantes, devenu obligatoire à l’école, s’appuie sur la communication (compréhension et expression), contribue à la réflexion sur la langue française, respecte et favorise le plurilinguisme et la diversité culturelle.
- Un brevet informatique et internet (B2i) spécifie un ensemble de compétences significatives et atteste leur maîtrise par les élèves. en développant toutes les formes d’intelligence, tous les talents.
- L’enseignement rénové des sciences à l’école stimule la curiosité et le raisonnement, valorise l’expérience concrète, favorise l’expression orale et écrite et les pratiques documentaires.
- L’éducation artistique introduit à des apprentissages complexes qui mettent en jeu émotion et connaissance, approche sensorielle des objets et des formes de représentation, attention esthétique et productions.
- Les évaluations nationales constituent des outils pour mieux connaître les acquis et les besoins des élèves, mieux les comprendre afin d’aider en temps utile tous ceux qui en ont besoin.
- L’école prend en compte les besoins particuliers de certains enfants en considérant que tous ont les mêmes droits à la réussite scolaire, même si les voies pour y accéder sont différentes.
- L’activité pédagogique aujourd’hui ne saurait se limiter aux échanges entre les enseignants et leurs élèves dans la classe. La confrontation directe des élèves avec leur environnement, notamment les lieux culturels, contribue souvent à nourrir les apprentissages.
- La qualité des relations entre l’école et les parents doit être recherchée pour la réussite de chaque élève et pour le bon fonctionnement du système éducatif.
- Les directeurs d’école qui organisent et animent le travail collectif dans l’école sont les interlocuteurs premiers des usagers et partenaires de l’école.

(D’apès Eduscol - Direction générale de l’Enseignement scolaire - Publié le 22 février 2008)

- REPÈRES GÉNÉRAUX POUR L’ÉCOLE ELEMENTAIRE  :

- Gérer la classe d’école élémentaire dépend largement du niveau de classe. On ne privilégie pas les mêmes activités au CP qu’au CE ou CM. Le cours préparatoire est centré sur la découverte du système numérique et des toutes premières opérations et surtout sur l’apprentissage de la lecture – écriture. Il est « préparatoire » aux classes suivantes : au CE1, le savoir lire sera étoffé, fluidifié, transféré sur divers supports. Au CE2, classe charnière, s’observent les concepts avec les premières explicitations afférentes. Au cours moyen, on passe du constat « on voit que cela fonctionne de telle manière » à des explications du « comment ça fonctionne » en termes de « pourquoi cela fonctionne t-il ainsi ? ». On glisse ainsi d’une connaissance opératoire constatée à la formalisation d’une connaissance prédicative déduite d’après des manipulations et observations. On passe du « comment ça se conduit » au « pourquoi ». En d’autres termes, le cycle des approfondissements complète le cheminement du cycle précédent des apprentissages fondamentaux : il marque le glissement d’un registre pragmatique d’usage appliqué à un domaine de connaissance à un registre épistémique d’explicitation. (cf. synthèse document INRP).

- Quelques procédures invariantes peuvent néanmoins se retrouver dans l’ensemble des classes de l’école élémentaire autour des points suivants :

- 1- Les rituels,
- 2- Les séquences,
- 3- Les outils des élèves,
- 4- Les moments clefs pour apprendre,
- 5- Les innovations ou expérimentations pédagogiques, les actions pédagogiques.

- Les rituels :

- Ils s’intercalent entre les séquences (leçons), avant ou après. Ils n’excèdent pas 15 minutes.

- 1- le Quoi de neuf ? Ce rituel démarre la journée (afin de développer le langage différé d’évocation, élément constitutif d’une maîtrise de la production écrite).
- 2- le Calcul mental : un bon stimulant intellectuel pour réviser et mettre en pratique des tables d’opération. Mémorisation, rapidité, entraînement…
- 3- la phrase problème : écrire au tableau une phrase avec des lettres manquantes (sur des mots posant un problème morphosyntaxique) ou une phrase dictée à résoudre collectivement en convoquant les règles morphosyntaxiques d’usage…
- 4- la minute poétique : réciter une poésie ou inventer une poésie « on line », afin de stimuler l’imagination (voir article sur les jeux de mots, jeux de langue)
- 5- la revue de presse : d’après les journaux pour enfants auxquels la classe est abonnée ou bien le site d’actualité Google (veiller à sa modération), 2 élèves s’en chargent : apprentissage à la prise de note, à la prise de parole, et à la synthèse (compétences opératoires ou « savoir faire »)
- 6- le loto des conjugaisons : fastidieux et rébarbatif, présenter cet apprentissage de manière ludique et appétissante pour l’esprit sans baisser ses exigences pour autant…
- 7- qu’avez-vous appris aujourd’hui ? C’est la question rituelle avant de se quitter, c’est effectuer un bilan rapide et concis sur les concepts évoqués afin d’évaluer ce qui a été retenu, ce qui est compris, assimilé ou en voie de l’être. Demander aux élèves de définir avec leurs mots les notions et concepts enseignés (cf. le projet de dictionnaire numérique). C’est constituer également pour la classe « une mémoire didactique » dans un ouvrage de « métacognition ».
- 8- jeux de mots, jeux de langage, pour mieux étudier les futurs apprentissages systématiques d’étude de la langue et afin de débrider l’imagination.
- 9- le quart d’heure musical, c’est après déjeuner le temps de pause au calme, avec une écoute musicale… propice au temps de digestion de disponibilité intellectuelle moindre…
- 10- le petit atelier d’écriture (cf doc Bucheton)

- Les séquences

- leçons avec situation ouverte
- leçons de révision
- leçons magistrales
- auto – leçon, avec documentation liminaire des élèves qui exposent la leçon que l’enseignant complète.

- Séquences de maths
- Séquences d’étude de la langue
- Séquences de littérature
- Séquences d’histoire – géographie
- Séquences artistiques… (cf. les travaux du GFEN)

- Les outils des élèves

- le cahier d’expériences scientifiques,
- le cahier d’imagination,
- le cahier de savoirs (règles élaborées par section)
- le cahier de documents culturels (ou l’on collectionne toutes les photocopies…)
- le cahier d’essai (dit aussi de brouillon).

- L’idéal serait de conduire les élèves à garder leurs divers cahiers année après année afin qu’ils se constituent une mémoire des apprentissages (qui sont par nature progressifs). Cela suppose une harmonisation en conseil des maîtres.

- Les moments clefs pour apprendre,

- Selon les chronobiologistes, les moments de la journée les plus favorables sont le matin et l’après-midi. (voir articles / liens) D’après notre expérience et nos observations, les moments d’attention les plus favorables sont :
- le matin pour des leçons de mathématiques et de français
- le début d’après-midi pour l’EPS
- la fin d’après-midi pour des leçons de découverte du monde, d’histoire/géographie, ou d’expression et enseignement artistique (à déterminer selon un emploi du temps aménagé en fonction des contraintes extérieures à la classe)…

- L’apprentissage avec des situations didactiques ouvertes

L’avantage essentiel de la situation ouverte est pour l’enseignant la possibilité de s’informer sur les représentations des élèves sur un sujet donné pour d’autant mieux faire évoluer ou transformer ces représentations. Une maxime chinoise dit : "ne donne pas un poisson à ton frère qui a faim, apprends lui à pêcher." Construire une séquence d’apprentissage en école primaire sur un mode de situation ouverte semble une posture pédagogique favorable dans le domaine de l’étude de la langue, de l’étude des mathématiques, des sciences comme de l’histoire / géographie. Les niveaux de connaissances, les rapports à la discipline scolaire, les compétences varient beaucoup d’un élève à l’autre. Une situation ouverte d’enseignement / apprentissage favorise la construction progressive de connaissances du côté des élèves ; et la prise d’indices pour l’enseignant sur la cognition des élèves. Cela permet d’appréhender les représentations des élèves, les pré-requis des élèves, leurs difficultés et handicaps pour apprendre de manière à réguler la situation didactique de classe. La situation ouverte s’oppose à la situation fermée : car il y a plusieurs réponses possibles de la part des élèves face à une question, face à un problème posé. Les élèves sont alors amenés à émettre des hypothèses, à rechercher des solutions, à expérimenter, à tâtonner pour in fine découvrir une réponse qu’ils peuvent confronter à celle d’autres camarades, ou celle de la classe. Ces multiples réponses favorisent les confrontations et les débats entre les élèves. Une situation fermée est une situation de contrôle de connaissances déclaratives, par ex. donner une date historique : 1515 ou faire conjuguer un verbe au présent. En revanche demander en littérature un avis sur le comportement d’un personnage est une situation ouverte à plusieurs réponses à débattre en classe. L’avantage essentiel de la situation ouverte est pour l’enseignant la possibilité de s’informer sur les représentations des élèves sur un sujet donné pour d’autant mieux faire évoluer ou transformer ces représentations. Parfois, cela offre l’opportunité de recevoir des informations sur les enfants auxquelles on n’a pas pensé : par ex. devant tel problème un enfant se situe sur un registre affectif. Lequel n’est pas le registre attendu pour que l’élève soit en capacité d’interroger l’objet scolaire à apprendre, soit en capacité de penser l’objet scolaire enseigné. Il convient que l’élève se situe à un niveau de la tâche et à un niveau de sa signification afin que se développe la secondarisation attendue ; c’est-à-dire le passage de l’usage à l’objet, le passage de l’objet de savoir enseigné en objet de savoir appris. Le programme scolaire d’une année de classe ne peut être enseigné avec cette seule méthodologie, seules les notions clefs de l’année d’apprentissage le nécessitent. Pour les autres moments, les situations didactiques peuvent être plus classiques, d’autant si les objets étudiés sont connexes à ceux déjà appris en situation ouverte.

- La fiche de préparation :

C’est un outil d’anticipation pour penser sa classe, sa manière d’agir didactiquement et d’envisager la relation pédagogique pour sa séance donnée, un lieu pour effectuer un bilan de quelques lignes afin de mieux rebondir à la séance suivante.

- La démarche pédagogique :

- Quelle que soit l’activité proposée, il y a des constantes dans les situations et les processus d’apprentissage.
- Objectifs : quel est mon objectif ? qu’est-ce que je veux faire acquérir de compréhensible et d’essentiels ?
- Matériel : Quels outils ? Quels supports ?
- Compétences préalables (ou pré-requis) : Quelles sont les acquisitions à vérifier ?
- Situations-problèmes : Quels dispositifs mettre en place pour parvenir aux objectifs visés ? quelles compétences à faire mobiliser ? quels savoirs ou savoir faire à provoquer ou dont provoquer une émergence ?
- Situations ouvertes : quelles représentations faire émerger ? comment utiliser les indices recueillis pour ajuster sa didactique ?
- Situations de recherche : réfléchir à la procédure la plus pertinente au regard des objectifs visés ?
- Mise en commun : comment opérer le mieux ? comment diversifier les démarches de synthèse ? comment organiser un débat argumentatif ?
- Synthèse : prêtes à l’emploi, à recopier, à rédiger par soi-même, à débattre... ?
- Structuration-validation : comment vérifier les compétences acquises ?
- Réinvestissement (ou transfert) : quels choix d’activités dois-je mettre en œuvre, à partir d’autres situations, pour organiser le réinvestissement des acquis ?

- Pour valider sa préparation, se demander  :

- Ai-je bien... ... cerné ce que je veux faire acquérir aux élèves ( définir les objectifs) ? ... proposé une tâche qui corresponde à ce que je veux qu’ils apprennent ? ...réuni les matériaux, documents et outils nécessaires à la réalisation de la tâche ...pensé à alterner les supports (tableau, ardoise, cahiers d’essai...) et les formes de travail (collective, individuelle, orale, écrite) ? ...choisi les consignes précises ? ...inclus dans l’apprentissage les temps de réflexion méthodologiques ? ...fixé les critères de réussite pour les élèves ? ...prévu le (les) corrections(s) en cours et en fin de séquence et l’évaluation finale ?

- J’ai une séquence à présenter, je me demande : ...à quelle(s) discipline(s) se rapporte t-elle. ...quelle progression ? ...que dois-je savoir faire ou connaître avant ? ...à quel résultat vais-je parvenir ? ...quand vais-je la faire ? en une fois ? plusieurs fois ? ...quel matériel préparer ?

- Après ma séquence, je fais le bilan : l’outil était-il adapté ? la consigne a-t-elle été suivie ? quelles sont les difficultés rencontrées ? comment améliorer la production ?

- L’élève : gérer son matériel scolaire et ses connaissances
- À l’école maternelle, l’élève n’a pas à gérer individuellement son matériel : le matériel de la classe est rangé selon les habitudes du groupe ; c’est une gestion collective. En revanche, dès qu’il arrive à l’école élémentaire, l’élève se trouve confronté à un problème important : il possède un cartable avec tout un ensemble d’objets personnels dont il a la responsabilité individuelle. Au collège, les choses se compliquent davantage, plus de professeurs, des enseignements cloisonnés, des attentes et devoirs multipliés... Un savoir s’organiser s’impose pour les élèves. Et cela s’apprend comme toute chose. L’heure de vie de classe au collège ou la demi-heure d’études dirigées en primaire sont les temps privilégiés de cet apprentissage. Il convient d’aider les élèves à acquérir un peu de méthodologie. Pour cela, aborder les points suivants : les méthodes de travail pour développer l’autonomie ; l’organisation personnelle : utiliser le cahier de consignes ou de textes, vérifier que les affaires nécessaires chaque jour se trouvent dans le cartable ; l’efficacité dans le travail : installation matérielle confortable, plan de travail dégagé, outils nécessaires à disposition...
- Pour le matériel de tous les jours, il est bon d’en faire l’inventaire régulièrement (surtout en début d’année). Éventuellement, faire vider la trousse le matin dans un récipient placé sur la table afin que les élèves aient toujours leurs outils à disposition, puis la faire remplir le soir et ranger dans le cartable. Un coin de rangement du matériel de dessin peut aider l’élève dans la gestion de son matériel. Chaque soir, faire consulter la frise de la semaine et énumérer collectivement ce qu’il faut apporter le lendemain. Rappeler que les manteaux, écharpes, bonnets, gants... font partie des objets dont les enfants sont responsables.

- AIDER LES ELEVES A ASSIMILER DES OBJETS DE SAVOIR RENCONTRES EN CLASSE conduire l’élève à s’interroger sur les activités faites en classe : qu’ai-je fait ? à quoi ça sert ? quel sens j’attribue ? pourrais-je m’en servir ailleurs ? amener l’élève à penser l’objet de savoir : qu’ai-je retenu ? qu’ai-je appris de nouveau ? qu’est-ce que j’en comprends ? comment pourrais-je réutiliser cette connaissance dans un autre domaine ? conduire l(élève à prendre une distance sur ce qu’il a appris : si je devais réexpliquer ce que j’ai retenu, comment ferais-je ? comment expliquer les choses ? quels sont les mots clefs ? quelle est l’idée principale ? comment je peux résumer ce que je viens d’apprendre ? Ce dernier point peut se travailler en autonomie à la maison avec des allers-retours en classe, il permet à l’élève de penser et réfléchir l’objet de savoir construit précédemment, de le réviser voire de le revisiter, de se mettre en débat intellectuel avec cet objet de savoir. C’est alors un travail d’écriture qui sert de façon générale la production d’écrit si l’on utilise le dispositif pédagogique du journal des apprentissages qui est un débriefing scolaire voir article à ce propos : article sur le debriefing scolaire.

- Suite prochainement en ligne

- Les pratiques enseignantes à l’école élémentaire :

- Les dispositifs d’apprentissage aux "situations ouvertes"

- Les caractéristiques didactiques :

- Les connaissances disciplinaires :

- Les compétences spécifiques :

- Les innovations ou expérimentations pédagogiques, les actions pédagogiques.

P.-S.

ClassEdu.com & Philippe Clauzard, 2008

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