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Synthèse sur la méthodologie de recherche

Conseils pour la recherche en Master

lundi 15 octobre 2012, par Philippe Clauzard

La réalisation d’un mémoire de Master est un moment déterminant des études. Elle clôt souvent Un cycle études et à cursus académique. Ce n’est en rien une simple formalité, un simple exercice de style, un passage obligé duquel se débarrasser le plus rapidement possible.

- La réalisation d’un mémoire de Master est un moment déterminant des études. Elle clôt souvent un cycle études et un cursus académique. Ce n’est en rien une simple formalité, un simple exercice de style, un passage obligé duquel se débarrasser le plus rapidement possible.

- C’est une étape fondamentale de la formation estudiantine, de la formation universitaire générale ou professionnelle appliquée. Le mémoire de Master joue un rôle évident de transition vers une vie professionnelle. Il est une création personnelle qui termine tout un parcours d’études, qui ouvrent vers de nouvelles perspectives tout en permettant d’exercer une réflexivité sur ce que l’on a fait et éventuellement ce que l’on fera.

- Le mémoire de Master n’est pas une obligation scolaire, mais bien davantage un projet et un document créateur de valeur et de perspectives professionnelles pour l’étudiant.

- D’ailleurs la plupart des formations supérieures des universités et des écoles spécialisées se fondent sur la réalisation d’un mémoire : un travail original, individuel ou collectif qui apporte aux enseignants la preuve d’une capacité à mobiliser des connaissances, à se les approprier dans un dessin personnel de recherche, à les utiliser dans un contexte professionnel, à exercer une pensée critique sur un objet professionnel.

- Ce mémoire fait généralement l’objet d’une soutenance avec un jury. Cette soutenance conclut un travail de recherche de longue haleine, géré comme un projet avec des objectifs, des plannings, des délais à respecter...

- Pour mener à terme selon travail, il convient d’avoir une vision, une anticipation de ce que sera le produit final, le mémoire réalisé. C’est en imaginant le produit final du travail qu’une construction progressive en sera possible. Cela constitue une clef de réussite.

- Le mémoire de fin d’études est un document écrit qui est présenté suivant des règles qui diffèrent selon les cycles, mais quel que soit le cursus, le mémoire fait l’objet d’une soutenance orale avec un jury composé d’enseignants et parfois de praticiens.

- Il existe comme type de mémoire : le mémoire de stage qui rend compte d’ un stage et de la mission confiée aux stagiaires, le mémoire de projet professionnel qui consiste en la réalisation d’un projet professionnel mobilisant les connaissances acquises pendant les cours, le mémoire de projet d’intégration qui est un projet transversal et qui mobilise les connaissances de plusieurs cours, et le mémoire de recherche qui consiste en la réalisation d’un travail personnel lié à un projet de recherche conceptuel.

- Chaque type de mémoire possède des caractéristiques qui lui sont propres. Elles déterminent la façon dont il sera évalué par le jury. Certains mémoires sont descriptifs, l’étudiant rend compte d’une situation, d’un travail, décrit, il est établi un diagnostic. D’autres sont plutôt prescriptifs : ils vont plus loin en préconisant des solutions, des recommandations. Généralement, dans la pratique, il est fréquent d’observer que les mémoires incluent ces deux éléments. La description aboutissant a un diagnostic de situations, conduit généralement en conclusion sur de nouvelles perspectives suggérées par l’étudiant. De la même manière, la prescription est aussi étayée par une description de la situation préalable.

- Avec le mémoire de stage, il est observé dans une quarantaine de pages la capacité à décrire le déroulement du stage, prendre du recul et formuler des critiques et propositions constructives. Le mémoire de projet professionnel est descriptif et prescriptif. Il fait 50 à 70 pages. On y apprécie la capacité à mobiliser des connaissances d’un domaine et à les appliquer dans le cadre d’une mission professionnelle. Le mémoire de projet d’intégration est également descriptif et prescriptif. On y examine sur une centaine de pages la capacité d’un groupe d’étudiants à mobiliser et appliquer des connaissances dans un contexte international. Le mémoire de recherche présente comme trait dominant l’empirique et le conceptuel. Il démontre la capacité à analyser, trouver, à synthétiser une littérature scientifique pertinente. Il souligne l’aptitude à définir une problématique, à mener une investigation empirique et à commenter les résultats dans une discussion à perspective scientifique.

- L’essentiel dans la réalisation d’un mémoire est d’apporter quelque chose de nouveau à penser aux membres du jury. On attend du mémoire l’apport d’une connaissance nouvelle, d’une réflexion autre, d’une mise en perspective originale ; bref pour faire court on attend quelque chose de neuf basé sur de l’ancien, construit avec un ancrage théorique qui consolide les bases de la nouveauté dont fait preuve l’élaboration du mémoire. Il s’agit d’apporter à l’université, à un milieu de recherche scientifique une modeste contribution, un pas en avant ou un pas de côté, qui interpelle la communauté savante et professionnelle sous conditions de rigueur méthodologique et théorique.

- Il convient de saisir l’enjeu du mémoire de recherche en Master avant de se lancer vers un domaine où exercer sa recherche.

- La réalisation du mémoire de Master comporte 5 grandes phases :

- La délimitation d’un champ d’intervention et d’un sujet au moyen d’une enquête préalable sur le terrain et de la constitution d’une première bibliographie avec consultation de quelques ouvrages de base, – La définition d’une question centrale et d’une problématique avec un ensemble d’hypothèses, – La collecte de l’information consistant d’une part en l’effectuation d’un état de lieux de la littérature scientifique sur le sujet en question, et d’autre part en une expérimentation de terrain ou bien un travail d’enquête de terrain (on convoque ici une démarche scientifique ou bien une démarche sociologique) – Le traitement de l’information selon une méthodologie précise, – La rédaction du mémoire avec un plan réfléchi, un développement, une bibliographie.

- Ces phases ne sont pas complètement séquentielles. Elles se chevauchent les unes les autres. Ainsi la rédaction peut commencer en parallèle avec la collecte d’informations sous conditions d’établissement préalable d’un plan du mémoire.

- La réalisation du mémoire de Master n’est pas un long fleuve tranquille : les itérations, les retours en arrière, les ruptures sont très nombreux et sources d’une réelle amélioration. Les phases d’enthousiasme et de découragement accompagnent l’existence de l’apprenti chercheur comme du chercheur expert. Cela peut rendre le projet de mémoire d’autant plus passionnant, car très vivant. Il convient de savoir surmonter les difficultés et d’appréhender la recherche comme un long processus où une heure de réflexion, une seule intuition peuvent résoudre une semaine d’incertitude et d’errements.

- Le travail de recherche pour la réalisation d’un Master possède la spécificité « de s’apprendre tout en se réalisant ». On apprend toujours sur le tas à faire de la recherche. Naturellement, le directeur de mémoire possède une fonction de régulation, d’étayage et de conseils pour épauler l’apprenti chercheur. Mais tout ne peut pas venir de lui (ou d’elle)

- Le thème du mémoire de Master définit le domaine d’intérêt. Il est lié à des objectifs, des compétences, des opportunités, une faisabilité. Les opportunités de recherche relèvent des propositions de thèmes de la part des enseignants ou de ce que l’étudiant peut trouver dans le milieu professionnel dans lequel il évolue. Une fois un thème d’étude délimité, un sujet défini, il convient pour le mémoire de recherche de préciser la problématique. Une problématique est une question de nature conceptuelle. C’est une interrogation de nature théorique qui met en relation des concepts issus d’une communauté scientifique. Pour les mémoires professionnels, on parle plus de questions que de problématique. Une enquête exploratoire permet de préciser les questions de recherche et la problématique. Des recherches documentaires étayent ce travail préalable.

- Le cadre de l’étude précise ce qui est intégré par l’auteur dans le sujet et ce qui n’en fait absolument pas partie. Ce cadre est delimitateur de la recherche. C’est une balise. Il définit le périmètre de la recherche de l’étude.

- Dans les mémoires de recherche adoptant une démarche hypothéticodéductive, les hypothèses correspondent à des affirmations dont le chercheur va vérifier la pertinence au moyen des données collectées puis traitées.

- La méthodologie précise la façon dont les données vont être collectées. Il peut s’agir d’observations, d’enquêtes quantitatives ou d’enquêtes qualitatives, d’entretiens, d’expérimentation. Il convient de bien préciser la méthodologie pour faire bien comprendre le mémoire à ses lecteurs. Suite à la phase de collecte des données vient celle de traitement et d’analyse des données collectées. L’analyse des résultats conduit ensuite à mettre en évidence des conclusions conceptuelles ou pragmatiques.

- Tout au long de la réalisation du mémoire, le directeur de recherche doit être informé de l’avancée des travaux et en valider la démarche au fur et à mesure.

- Cela exige une organisation personnelle. Un planning de travail en permanence réactualisé. Il faut aussi réfléchir à la mise en œuvre de la méthodologie choisie et au recueil d’éléments bibliographiques. Pour ce faire, il convient de rédiger très tôt des paragraphes, des synthèses, des bilans à organiser plus tard. Des fiches de lecture sous traitement de texte de tous les articles ou livres lus sont nécessaires. Plusieurs fichiers informatiques de travail peuvent être constitués. Ils correspondent aux phases du plan de travail et aux différents chapitres du mémoire : bibliographie, site Internet, collecte des données, plan du mémoire, planning, idées, contacts… Un journal de recherche peut accompagner votre travail de réalisation du mémoire. Il s’agit en quelque sorte d’un journal intime sur l’état des pensées, la construction des idées, la réflexivité en marche autour du sujet, l’inscription des idées clés ou des intuitions au fur et à mesure, les notes prises à la volée… Des éléments de ce journal peuvent être ensuite reconstruits et intégrer la rédaction du mémoire de recherche. C’est également pour soi un exercice d’entraînement l’écriture. Une information sur les attendus de présentation en termes de pagination, de feuilles de style, de format du texte est nécessaire. La présentation finale du mémoire doit être attractive pour le lecteur.

- Les objectifs du mémoire de Master :

- Les objectifs personnels de l’étudiant pour lequel le mémoire est la concrétisation de la fin d’un programme d’étude. C’est le passage d’un monde académique au monde du travail.

- Les objectifs des enseignants responsables de la filière : Ils attendent la preuve du bénéfice que les étudiants ont retiré de leur enseignement, la mobilisation de connaissances acquises, les démarches étudiées en cours appliquées à des situations concrètes d’entreprise ou à une problématique de recherche.

- Les objectifs des responsables d’entreprises : C’est parfois une procédure d’identification de personnes que l’on peut recruter a terme. C’est aussi l’occasion pour l’entreprise d’avoir un regard extérieur sur une situation une personne extérieure qui mobilise toutes ses capacités intellectuelles d’analyse ainsi que des connaissances actuelles (des modèles de penser réactualisés)

- La réalisation d’un mémoire de recherche correspond la gestion d’un projet. Elle requiert les compétences générales d’un processus créatif avec un début et une finalisation. Des qualités d’organisation, d’information, et de gestion ainsi que d’analyse scientifique.

- De manière générale on observe :

- La capacité à passer des connaissances acquises en cours, des concepts explicites à une application et implication personnelle, Capacité d’appropriation d’outils, de grille d’analyse et non la récitation…
- La capacité à intégrer différents enseignements, différents modules pédagogiques…
- La capacité à apporter une contribution concrète a en entreprise ou une contribution conceptuelle à une communauté scientifique…
- La capacité à piloter un projet dans sa globalité,
- La capacité à réaliser un travail personnel.

- Comme Compétences spécifiques à la conduite du mémoire, retenons :
- Savoir délimiter un sujet,
- Savoir définir un objectif, les grandes questions à résoudre, une problématique de recherche
- Savoir collecter la documentation et l’information,
- Savoir collecter des données issues du terrain selon une méthodologie précise
- Savoir consolider les connaissances acquises en cours, Capacité à utiliser les concepts qui ont été enseignés
- Savoir organiser son travail
- Savoir construire un plan logique et équilibré et du coup distinguer le plan de travail du plan du travail…
- Savoir communiquer par écrit, le mémoire étant un texte destiné à la lecture.
- Savoir communiquer par oral pour l’entrée en contact avec divers interlocuteurs afin de collecter des informations et lors de la soutenance, un moment important qu’il est conseillé de préparer afin de ne pas être pris au dépourvu…
- Savoir gérer les relations avec les différents acteurs susceptibles d’intervenir lors de la réalisation du mémoire : les étudiants, les professeurs, les acteurs des organisations qui sont impliqués dans le suivi de votre travail de recherche…

- Bien sûr, il est tout à fait pensable de compenser des déficits de compétences énumérées plus haut par des actions de formation et d’information auprès des personnes ressources. Cela signifie la nécessité de se poser à soi-même la question de ses propres compétences : qu’est-ce que je sais faire et qu’est-ce que je ne sais pas faire et que je dois améliorer ? Pour ce faire, on peut se servir d’une grille d’évaluation des compétences.

- Le choix du sujet est la question la plus délicate dans la réalisation du mémoire de Master. Plusieurs facteurs d’ordre personnel, professionnel et académique entrent en jeu. On peut conseiller de choisir un sujet possédant les caractéristiques suivantes.
- Un sujet original
- Un sujet en relation avec les études précédentes de l’étudiant
- Un sujet qui intéresse et motive Étudiants
- Un sujet qui intéresse les professionnels
- Un sujet qui intéresse les enseignants
- Un sujet utile pour l’avenir professionnel de l’étudiant
- Un sujet de proximité qui est facilitateur
- Un sujet qui répond à un critère de forte faisabilité sur le plan temporel, sur le plan de la collecte des données, sur le plan de la diffusion des données, sur le plan matériel, le plan conceptuel... Car il convient de maîtriser les connaissances, les concepts pour aborder de Manière efficace le sujet dans un temps imparti.

- On peut utiliser une grille d’aide au choix d’un sujet qui reprend des critères d’originalité du sujet, de relations avec les études suivies, d’intérêts personnels, des professionnels et des enseignants, d’utilité personnelle du sujet, de proximité, de faisabilité temporelle, de faisabilité de la collecte des données, de faisabilité de la diffusion des résultats, de faisabilité matérielle et de faisabilité conceptuelle.

- Au final, le choix du sujet de mémoire de Master doit être cohérent avec des objectifs personnels, des objectifs de la filière de formation, et ceux du destinataire du projet.

- La maîtrise du temps est un des aspects essentiels de la gestion du travail de réalisation du mémoire : il convient de s’organiser autour de liste, de planning, de périodes de sécurité, d’actualisation de son plan de travail… Et de ne pas sous-estimer le temps d’obtention de rendez-vous pour des enquêtes, de rédaction des comptes rendus, de préparation d’entretien avec le directeur de recherche, de rédaction des chapitres ou de relecture finale... La bonne gestion de son planning personnel est une des clés de la réussite du mémoire de Master.

- Le directeur de mémoire est la personne ressource privilégiée. Il est important d’avoir un rendez-vous avec lui aux états suivants : lors du choix du sujet, pour définir le plan de travail, pour retenir le plan final du mémoire, ou en cas de difficulté très particulière. Cela étant du fait de ses responsabilités annexes et du suivi de plusieurs étudiants, le directeur de recherche ne peut pas tout. L’autonomie est une des qualités dont il faut faire preuve à son directeur de recherche tout en réalisant son mémoire. Avant d’entrer en contact avec un enseignant pourri, il est bien souvent préférable de faire son possible pour résoudre par soi-même le problème ou pour le moins de préparer très clairement son entretien et sa demande.

- En cas de problème : analysez-le, essayer d’en identifier les différentes solutions possibles. Prenez un petit temps avant d’y revenir une seconde fois. Si vous n’arrivez pas à une solution, alors soumettez ce problème à l’enseignant qui dirige le mémoire. Éviter de trop solliciter l’assistance du directeur de recherche pour des indications de références bibliographiques. Parce que cela fait partie de votre travail de recherche. Il faut savoir qu’un document appelle un autre, qu’un site Internet trouvé en appelle un autre, un auteur fait référence à un autre. Il existe en définitive une forme « hypertextuelle » dans les recherches bibliographiques. Il convient d’envoyer régulièrement au directeur de recherche un état d’avancement du travail, la périodicité est variable selon les problèmes rencontrés et le besoin de validation des phases clés par l’étudiant.

- La rédaction du mémoire exige un respect orthographique et stylistique très important. Le mémoire doit être lisible, avec des phrases courtes et une ponctuation. Il convient de ne pas hésiter d’utiliser les dictionnaires, les manuels de grammaire pour corriger ce texte. Un texte trop fautif ne donne guère l’envie de le lire pour quiconque.

- La soutenance orale du mémoire n’est pas une simple formalité, mais un moment fort relativement aux efforts engagés dans la réalisation de la recherche. La perception du mémoire par les membres du jury, positives ou négatives , peut évoluer au cours de la soutenance. Sur un plan pédagogique, la soutenance a pour objectif de vérifier la capacité de l’étudiant à exposer oralement et clairement son travail, la capacité du candidat à répondre aux questions des membres du jury. La soutenance comporte une préparation préalable du support de présentation grave, la préparation des réponses aux questions qui peuvent être posées. La présentation orale avec un support écrit comprend généralement le rappel de l’objectif du mémoire, la méthodologie de recherche, les principaux résultats, les limites du travail ainsi que les prolongements possibles pour conclure. Il est désormais d’usage de préparer sa présentation orale à l’aide de diapositives conçues avec un logiciel ad hoc , pour une durée de 15 minutes, il faut compter une quinzaine de diapositives. Chacune doit être lisible, sobre, et facile à comprendre. Sur ces diapositives sont notés des mots ou des expressions, non pas des passages entiers du mémoire qui vient d’être lu par le jury. Le diaporama est ainsi l’occasion de relire son travail de recherche de par la nécessité de le synthétiser et de l’ouvrir vers des approfondissements possibles, des perspectives nouvelles…

- La soutenance comporte généralement une présentation oral du candidat de 15 minutes, des questions des membres du jury et une délibération de celui-ci en l’absence du candidat. Un soin particulier doit être porté à la tenue vestimentaire tout comme à l’allocution. Pour conclure, il faut clairement comprendre qu’une soutenance est un moment social codifié où chacun a son rôle institutionnel à jouer.

P.-S.

(C) Philippe Clauzard, cours de méthodologie de recherche, aspects premiers/conseils pour la recherche

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