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D’après la thèse de Philippe Clauzard sur la "Médiation grammaticale en école élémentaire"

Une conceptualisation grammaticale, définition

mardi 7 octobre 2008, par Philippe Clauzard

Un champ de pratiques

La grammaire à l’école élémentaire forme un champ de pratiques bien définies. Nous avons ainsi observé au cours préparatoire une pratique de sensibilisation au niveau du support « mot » et une didactique de l’observation (étude des analogies). Au Cours élémentaire, la recherche de la solution au problème repose sur « ce qui peut se dire / ce qui ne peut pas se dire », sur une monstration des phénomènes grammaticaux qui relève de l’implicite, sur un épi- langage ou une nominalisation provisoire des concepts grammaticaux en termes sémantiques ou thématiques. Par exemple, le sujet répond à « qui est-ce qui » ou bien c’est « de qui, de quoi on parle ». Au Cours moyen, les concepts grammaticaux sont définis explicitement, le « pourquoi on dit » est expliqué (mais pas forcément assimilés). Les concepts doivent guider l’analyse et fournir la raison d’être de la solution. Les termes métalangagiers sont énoncés, définis et utilisés dans les exercices d’application ou de réinvestissement.

Un premier « pas de côté » au cours préparatoire

Au CP, l’enseignant peut développer une démonstration qui s‘appuie sur l’artefact de transformation de la phrase et sur ce que les élèves connaissent déjà avec des références « à l’oreille ». Il pousse ainsi le cours vers une grammaire implicite propre à l’âge des élèves. Cela dit, il convient de respecter les capacités cognitives des élèves pour lesquels par exemple l’abstraction des notions de genre ou de nombre est trop forte. Au cours préparatoire, les classes présentent une didactique qui met à l’épreuve le sens de l’observation des élèves. Elles travaillent sur l’unité « mot » : les lettres récurrentes dans plusieurs mots, la substitution d’un mot ou la morpho – syntaxe des mots. La morphologie des mots sert de fondement à un raisonnement grammatical stimulé par un long questionnement ou favorisé par des dons d’indices. Nous sommes en fait en présence d’une grammaire de sensibilisation avec des finalités qui varient en fonction des modèles opératifs des enseignants qui mettent en avant la réflexion, l’instrumentation ou la règle d’accord. Cette forme d’apprentissage grammatical nous paraît compatible avec des élèves de 6/7 ans. Ils sont prêts à « regarder » leur langue tout en apprenant à la lire, car ils en sont déjà les usagers à l’oral, aux prises avec une petite pratique implicite de l’art grammatical qui va s’accroître.

L’observation par comparaison : « du semblable au différent » au CE1

Au CE1, un véritable travail sur l’étude de la langue prend forme avec une didactique fondée sur l’analogie. Les élèves apprennent à repérer ce qui peut se dire et ce qui ne le peut pas selon des éléments de fonctionnement des phrases et du texte. On passe d’un cours préparatoire de sensibilisation aux phénomènes de la langue à un cours d’étude systématique de ces faits tout en demeurant dans une grammaire de l’implicite où priment les manipulations, les observations, les comparaisons ; bref un "agir" sur la phrase.

L’explicitation des phénomènes langagiers au cours moyen

Au CM1, il s’amorce une grammaire explicite. Les manipulations débouchent sur des hypothèses, des raisonnements, des prises de conscience "méta". les élèves transitent clairement d’une grammaire d’usage, d’une grammaire "outil" pour communiquer à une grammaire "objet" d’étude, objet d’une investigation selon une démarche dite expérimentale. Il est visé un développement métasyntaxique des élèves avec identification des composants de la phrase, détermination des propriétés de chaque composant et des relations entre eux. Une conceptualisation grammaticale s’annonce. Une montée en abstraction caractérise ce stade scolaire de grammaire explicite, d’explicitation des formes du langage (à partir de la phrase puis du texte et de la phrase).

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