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La pratique du journal - L’enquête au quotidien

mardi 1er avril 2014, par Philippe Clauzard

La pratique du journal - L’enquête au quotidien Rémi Hess, Anthropos, 1998

Rémi Hess a déniché un inédit et valorise un terme peu usité qu’il nous confie dans son dernier livre La pratique du journal, dont le sous-titre est : L’enquête au quotidien. L’inédit : un ouvrage de M.A.J. de 1808. Le vocable : le mot "diariste". M.A.J., lui paraît peut-être correspondre aux initiales de Marc Antoine Jullien que l’on connaît comme le précurseur de l’éducation comparée, qui fut disciple de Robespierre, eut des responsabilités importantes sous la Terreur, traversa l’empire et laissa une uvre importante concernant l’éducation. Quant au mot diariste, il est issu de "diaire" (au jour le jour), que l’on retrouve en anglais dans diairy signifiant journal, au sens de tenir son journal. Marc Antoine Jullien, diariste, dans un Essai sur une méthode qui a pour objet de bien régler l’emploi du temps, premier moyen pour être heureux fait l’éloge de la tenue d’un journal au regard d’un projet éducatif global. Ainsi ce qui pouvait ressembler à une pratique récente se trouve fondé historiquement. La tenue d’un journal comme favorisant la recherche ethnosociologique est une histoire ancienne remise au goût du jour. Chacun connaît le journal intime comme forme littéraire. Anne Franck y a contribué. Mais il est question ici d’un journal comme outil d’exploration du quotidien par les praticiens sociaux : ethnologues, sociologues notamment, qui conduit à "noter chaque jour ses observations, à apprendre à se relire, à classer ses déceptions, à capitaliser son vécu". La pratique du journal est constitué de deux parties. Dans la première partie, il y est question de l’uvre diariste de Marc Antoine Jullien, puis s’intéressant au journal de son grand-père et au journal qui a accompagné ce livre, Rémi Hess en vient à s’interroger à propos du journal comme témoignage, et à poser quelques interrogations fortes dont il s’empare plus précisément dans la seconde partie. La seconde partie avec pour titre "Formes et méthodes de la technique" aborde quelques caractéristiques du journal ethnosociologique, en éclairant l’usage du journal comme outil d’analyse interne, le travail d’indexicalisation et le journal d’intervention. On comprend le parti pris méthodologique de l’auteur à travers l’écriture d’un journal. D’une part, "garder une mémoire pour soi-même ou pour les autres d’une pensée qui se forme au quotidien dans la succession des observations et des réflexions". D’autre part, parvenir ainsi à mieux comprendre sa pratique, à l’organiser, à la réfléchir. À travers le journal se construit ainsi une théorie des moments de vie expliquant la construction d’une identité autour de situations qui font signification pour celui qui décide de les retenir. Pas étonnant alors que Rémi Hess propose la possibilité de faire exister simultanément plusieurs journaux traitant de plusieurs questions. À partir de ces journaux à dimension ethnosociologique, distinguables de journaux intimes dès lors qu’ils sont centrés sur un questionnement de recherche et non sur une problématique personnelle, dès lors qu’ils sont destinés à être lus par d’autres et non conservés pour soi, se pose la question de la subjectivité et de l’objectivité dans le recueil des matériaux, la question de la possibilité d’une mise à distance de soi, dans le but d’éviter la complaisance à l’égard de ses partis pris. Comment faire exister une socio-analyse participante qui puisse inclure le chercheur dans sa recherche et l’en mettre à distance ? Vieux débat, vieille question toujours d’actualité que l’ouvrage de Rémi Hess fait se reposer. Michel Develay


La pratique du journal, comme construction du moment interculturel, Remi Hess : http://www.rhodes.aegean.gr/ptde/re...

http://www.barbier-rd.nom.fr/journa...


Clarisse FARIA-FORTECOEF : D’où vient chez vous cette pratique du journal ?

Remi HESS : Chez moi, le journal est d’abord une forme d’écriture domestique. Dans ma famille, l’écriture du journal n’est pas rare. Mon grand-père paternel a élevé le journal au statut d’oeuvre publiable, mais plusieurs autres personnes, avant ou après lui (dont ma grand-mère paternelle et ma mère), ont tenu des journaux privés... Pour donner une idée du volume du journal de ma mère, je dirai qu’il a commencé en 1925 (lorsqu’elle avait 13 ans) et qu’elle a arrêté en 1995, lorsque ses forces physiques ne lui ont plus permis de le tenir (elle a souffert d’aphasie avant de s’éteindre le 31 octobre 1998). Globalement, son journal s’étend sur 70 ans. Ayant reçu le dépôt des papiers de famille en janvier 1998, j’ai pu chiffrer le volume de ce document qui compte plusieurs dizaines de cahiers de statuts différents : les thématiques varient en fonction des époques : il y a un journal de voyage, d’autres concernant l’éducation des enfants, avec certaines périodes particulièrement riches pour nous : 1968, par exemple. Les formats aussi sont différents... Mais, c’est en milliers de pages qu’il faut l’évaluer. Je n’ai eu connaissance de l’existence de ce journal qu’en 1997, c’est-à-dire bien après que je me sois lancé, moi-même, dans la recherche que j’évoque ici. C’est l’une de mes soeurs qui est tombé dessus, par hasard en rangeant un placard à la veille d’un déménagement... Quand nous avons pu évoquer ce journal avec ma mère, elle a dit qu’il s’agissait de textes sans importance... Pourtant, elle les relisait régulièrement, nous donnant l’impression d’avoir une mémoire extraordinaire, car elle était capable de dater tous les événements familiaux avec une précision extrême...

Clarisse FARIA-FORTECOEF : Jamais aucun de ses enfants ne l’a vu écrire ?

Remi HESS : Non. Elle écrivait le matin, quand nous étions tous partis à l’école ou au lycée. Je ne suis pas sûr que mon père ait eu conscience de cette écriture de ma mère. Ma mère a donc écrit tous les jours, sans que ses 4 enfants ne se rendent compte de son entreprise. Autre remarque, elle a tenu ce journal bien avant qu’elle ne rentre dans la famille Hess, puisque son mariage avec mon père ne date que de 1945 (je suis né en 1947). Elle était donc héritière d’une tradition qu’elle avait en commun avec la famille de son épousé... Si elle n’a jamais évoqué cette écriture devant ses enfants, ma mère, durant notre petite enfance, nous a poussé à écrire chaque jour les pensées, les idées qui nous passaient par la tête dès notre plus jeune âge. Ainsi, lors de mon premier voyage en Allemagne, que je fis avec ma soeur Odile (j’avais 14 ans et elle 13 ans). Nous étions hébergés dans une famille amie. L’injonction d’écrire nos impressions de voyage (c’est la première fois que nous allions à l’étranger) a été tellement forte que nous avons produit un journal de voyage développé (illustré de dessins, de photos et de collages) qui a été archivé dans les papiers de famille, et qu’il nous arrivait ensuite de regarder... Cette écriture de journaux n’était d’ailleurs pas la seule à être valorisée dans la famille car nous nous sommes beaucoup écrit. Dès qu’un enfant partait, en colonie de vacances par exemple, il écrivait des lettres souvent agrémentées de dessins... qui étaient lues à table par ceux qui restaient, comme cela se faisait déjà, pour la génération précédente, dans la famille de mon père.

Clarisse FARIA-FORTECOEF : Cette coutume n’était-elle pas fréquente dans certains milieux sociaux, l’aristocratie, par exemple ?

Remi HESS : Cette écriture existait avant Montaigne. On la trouve dans des familles riches, mais ce qui est intéressant dans ma famille, c’est qu’il s’agit de gens simples : mon grand-père n’a été à l’école que jusqu’à 14 ans. La famille transmet l’écriture (et la lecture), en dehors de l’école. Ainsi, le père de mon arrière grand-père était ouvrier agricole : il a appris à lire à son fils. Donc, on trouve cette tradition dans des milieux aisé, mais aussi des milieux plus modestes. L’idée que je voudrais développer ici, c’est que lorsque je suis entré à l’université (mes parents n’ont été à l’école que jusqu’à 16 et 15 ans : je fus donc le premier bachelier de ma famille), ma pratique du journal était déjà installée. Il s’agissait d’une pratique personnelle, ou plutôt domestique, qui n’avait jamais recoupé l’enseignement de la langue que j’ai pu recevoir du système scolaire... où j’étais un élève médiocre[9], notamment en français... Vers quinze ans, j’ai écrit un roman que j’ai déchiré, suite à la réaction scandalisée de mon père : j’avais intitulé Le prisonnier la narration de mon vécu de l’école. Mon père avait été prisonnier cinq ans en Allemagne, et il avait mal vécu d’être exclu, jeune, du système scolaire qu’il respectait. Cela explique qu’il n’ait pas apprécié ma métaphore qui était vraisemblablement un peu exagérée, et de toute manière en avance sur des titres du genre L’école caserne, qui ont assuré à leurs auteurs, dix ans plus tard, le succès de librairie... Bref, tout cela pour dire que j’ai renoncé à la littérature, mais pas à l’écriture qui était inscrite comme un "moment" dans la vie de tous les membres de ma famille depuis Louis XIV. Les écrits familiaux dans cette famille très peu scolarisée, ont ainsi réussi à se transmettre durant plusieurs siècles, malgré les révolutions, les guerres et destructions[10]. En même temps qu’il y avait une véritable activité d’archivage de la part des différents chefs de famille pour les papiers concernant les générations précédentes, en tant qu’enfant, je n’avais pas l’impression d’une valorisation excessive des traces des contemporains... Cependant, j’ai dû constater que toute la correspondance familiale de 1914 à aujourd’hui a été conservée (rien que pour la période 1914-1918, 378 lettres de mon grand-père ont été classées ; mais il en est de même de paquets de lettres reçues par mon grand-père de son beau-père, à Paris durant la Guerre de 1914, de ma mère ou mon père dans la période suivante, etc. ; nous disposons, par exemple, de leur correspondance avant leur mariage)... Ainsi, le journal prend-il sa place à côté d’autres formes d’écriture comme la correspondance, mais aussi de textes témoignages, livres de famille, livres de raison, etc. L’injonction d’écrire son journal avait été transmise par mon grand-père à ses aînés : mes cousins ont leurs propres archives. Ils ont choisi d’en détruire une partie...

Clarisse FARIA-FORTECOEF : Comment peut-on expliquer cette tradition ?

Remi HESS : C’est une bonne question. Je cherche la réponse depuis longtemps. J’ai signalé au début de cet entretien le livre de Marc-Antoine Jullien qu’une de mes étudiantes vient d’ailleurs de rééditer chez Anthropos : Essai sur l’emploi du temps[11]. Ce livre a été réédité plusieurs fois au XIX° siècle. Il a été traduit. Je suppose que mes ancêtres ont connu ce livre, ont utilisé la méthode proposée. Ils l’ont adaptée à leurs propres besoins.

Clarisse FARIA-FORTECOEF : Ce que je ne comprends pas, c’est le côté secret du journal de votre mère. Quand on écrit un journal, c’est pour le rendre public ? Quand j’écris, c’est pour communiquer.

Remi HESS : Dans ma famille, il y a eu des journaux pour soi et des journaux pour l’autre. Ainsi, Paul Hess veut témoigner du quotidien qu’il vit à Reims pendant la guerre de 1914-18 (bombardements tous les jours). Il refait un autre journal en 1939-47, avec la même intention de "témoigner". Par contre, ma mère tient son journal davantage pour réfléchir sur son action. Entre 1960 et 1978, son journal est vraiment un journal de réflexion sur son métier de mère. Elle note nos discussions. Elle n’est pas d’accord sur notre engagement en 1968. Elle polémique avec nous. Son journal l’aide à penser son action éducative. A mon avis, c’est un vrai journal de recherche.

Clarisse FARIA-FORTECOEF : Un outil de recherche-action ?

Remi HESS : Exact. C’est un outil de sa pratique de mère "réflexive", comme Schön dit du "praticien réflexif". La mode aujourd’hui est au "praticien réflexif". Il est clair que cette pratique existe depuis longtemps. Les gens qui tiennent un journal veulent d’abord réfléchir à leur mode d’action, d’intervention. Si j’insiste tellement sur la fonction de la transmission de l’écriture dans notre maison, c’est qu’il me semble qu’il s’agit d’une tradition qui a été peu étudiée en milieu populaire, par les historiens ou sociologues de l’éducation, qui réduisent souvent l’éducation à l’école. En France, on retire souvent l’impression, à la lecture de ce qui s’écrit sur l’histoire de l’école, que c’est l’école obligatoire qui a appris à lire et à écrire à tous les petits Français... et l’on a souvent l’impression qu’avant cette école, le peuple était totalement inculte et analphabète. Cela fait aussi partie du mythe de l’école libératrice, l’idée que l’école a pu arracher au XIX° siècle des enfants à leurs familles qui les exploitaient dans les travaux agricoles, notamment, et luttaient donc contre l’effort de scolarisation. Je ne nie pas que l’école est meilleure pour l’enfant que le travail au fond des mines, mais ce que je veux dire, c’est qu’il a toujours existé des familles, même en milieu populaire, où se transmettait une culture écrite. Dans les papiers de famille, outre les traces retrouvées, je découvre qu’un de mes ancêtres, ouvrier agricole au chômage en 1848, trop pauvre pour porter des chaussures, faisant mendier ses deux fils pour permettre à sa maison de survivre. En même temps, il apprenait à l’un d’eux à lire dans Voyage en Icarie d’Etienne Cabet. Il militait dans une organisation politique se réclamant de cet auteur... C’est le fils, ainsi "éduqué"[12], qui nous a laissé ses mémoires d’enfance... Certes, on ne peut juger à partir d’un cas. En même temps, ma mère est aussi héritière de cette tradition, or elle vient d’une autre région de France ! Aussi, je me permets de douter des histoires sur la lecture et l’écriture en lien exclusif à l’école, et ce d’autant plus que des auteurs, comme le socialiste utopiste E. Cabet (ils étaient très lus au XIX° siècle) théorisaient la transmission domestique de la lecture et de l’écriture dans l’âge le plus reculé de l’enfance... "Jusqu’à cinq ans, l’éducation est domestique ; et pendant ce temps, les mères et les pères apprennent à l’enfant leur langue, la lecture, l’écriture, et prodigieusement de connaissances matérielles et pratiques (Voyage en Icarie, p. 78)."À cinq ans commence l’éducation commune, jusqu’à dix-sept et dix-huit ans, combinée avec l’éducation domestique (p. 79)... L’enfant apprend l’écriture, sous la direction de sa mère et depuis le moment qu’il sait écrire, on ne souffre plus qu’il écrive illisiblement (p. 79)... L’enfant apprend l’écriture d’après les mêmes principes, en jouant, avec plaisir, sous la direction de sa mère, qui lui explique la raison de tout ce qu’elle fait et de tout ce qu’elle lui fait faire ; car il y a toujours une raison pour laquelle on agit d’une manière plutôt que d’une autre, et l’un de nos grands principes est d’exercer de suite l’intelligence et le jugement de l’enfant, en l’habituant à tout raisonner, à toujours demander la cause, et à toujours expliquer le motif. Ainsi la mère explique à son enfant comment il doit tenir la plume et pourquoi, comment il doit placer son papier et pourquoi... Dans toutes les parties de l’éducation, nous unissons toujours la théorie et la pratique (p. 85). Cette méthode d’exercer le raisonnement s’applique à tout et s’emploie continuellement par tous ceux qui approchent l’enfant... On l’habitue aussi à ne pas rougir d’ignorer ce qui ne lui a pas été enseigné, et à répondre sans hésiter Je ne sais pas, quand il ignore. Vous pouvez concevoir les conséquences de cette habitude de tout examiner et de raisonner toujours (p. 85)."

On voit donc, chez E. Cabet, que la transmission de l’écriture se fait naturellement dans la vie domestique... En fait, le père de Simon-Gardan, mon arrière grand-père, appliquait les principes enseignés dans ce mouvement communiste chrétien, qui rassemblait alors plus de 150 000 adhérents[13]...

Clarisse FARIA-FORTECOEF : Je rejoins vos propos. En effet, lorsque je suis venue du Portugal en France à l’âge de douze ans, si je n’avais dû compter que sur l’école, mon apprentissage du français aurait sans doute été douloureux, et surtout très long. À mon arrivée, on m’a mis dans une classe, sans un accueil particulier ou transition, et deux niveaux inférieurs à mon âge. Ne connaissant que quelques mots en français, je n’arrivais pas à me faire comprendre. Je saisis très vite qu’il me fallait me former par moi-même. Un voisin m’a proposé une pile de livres pour enfant, des bandes dessinées. J’ai saisi cette occasion et j’ai appris par moi-même la langue de Voltaire, en associant les "bulles" aux images. Grâce à ce travail personnel, j’ai pu arriver à m’exprimer. N’est-ce pas cela l’auto-formation ?

Remi HESS : Oui. Cela explique mon intérêt pour la problématique de l’éducation informelle et pour le mouvement d’éducation tout au long de la vie. Dans tous les milieux, il y a eu des gens qui se sont formés, en dehors de l’éducation formelle, qui d’ailleurs, au XIX° siècle, était extrêmement limitée.

Clarisse FARIA-FORTECOEF : quelle est votre pratique pédagogique du journal ?

Remi HESS : Jusqu’en 1974, c’est-à-dire un an après ma soutenance de thèse de sociologie politique à Nanterre[14], je n’avais pas pris conscience de l’intérêt de cette écriture domestique en dehors du cadre étroit de la maison... Pour moi, l’écriture universitaire devait être d’une autre nature que celle qui se fait à la maison, puisque mon père qui était un grand écrivain domestique (nous avons toujours admiré la qualité du style de ses lettres) était aussi quelqu’un qui, boursier, avait échoué à son premier bac en 1927... devant ainsi prendre le chemin de l’usine ! Or, relue avec la compétence du directeur de recherches que je suis aujourd’hui devenu, je pense que ma thèse était loin d’avoir les qualités d’écriture, j’ai envie de dire "scientifique", qu’avaient certains documents familiaux... Cependant, j’ai pu la publier alors que, excepté Simon-Gardan, personne n’était parvenu à éditer quoique ce soit des papiers de famille... Au niveau de l’écriture, je vivais dans un monde de représentations clivées, entre le monde du domestique et le monde scolaire et universitaire. En fait, je dois beaucoup à G. Lapassade et R. Lourau qui me firent, d’une part éditer mes premiers textes dès 1970, mais surtout entrer à Vincennes comme chargé de cours en sciences de l’éducation en juin 1973... où je découvrais une nouvelle population étudiante, celle des "non-bacheliers" et des "Etrangers" que ce centre universitaire expérimental voulait maintenant accueillir... Notre département avait mis en place, à leur intention, une pédagogie très parolique, où l’écriture n’était pas valorisée. Du coup, ces travailleurs sociaux parvenaient assez facilement à obtenir une licence en trois ans, mais ils bloquaient au niveau de la maîtrise, où on leur demandait de produire un texte de 100 pages. Moins d’un licencié sur dix ne parvenait alors à écrire une maîtrise !

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