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L’ouverture vers la didactique professionnelle : apprendre des situations

jeudi 3 octobre 2013, par Philippe Clauzard

APPRENTISSAGE ET ACTIVITÉ

Pierre Pastré Professeur du CNAM Chaire de communication didactique

Présentations de quelques pages de son ouvrage inédit.

Lorsque j’ai cherché à donner un corps et une structure à ce qui allait devenir la didactique professionnelle, j’étais animé par deux intuitions. La première représente le motif qui m’a poussé à entreprendre une carrière de chercheur : la conviction qu’il existe un développement cognitif chez les adultes, contrairement à ce que laissait entendre Piaget, pour qui à partir de 15 ans un humain est arrivé au stade ultime de son développement cognitif. Il ne lui resterait plus alors qu’à apprendre (acquérir des connaissances dans des domaines spécialisés, mais sans nouveau développement des instruments généraux de sa cognition), - car on peut toujours continuer à apprendre, mais avec les moyens du bord -,… et à vieillir ! On pouvait à la rigueur admettre, dans une telle perspective, que les adultes connaissent des épisodes de développement personnel liés à la construction de leur expérience à partir de leur vécu. Mais un développement cognitif au sens strict du terme était considéré comme théoriquement impossible. J’avais l’intuition que les faits venaient – parfois - infirmer la théorie et cette contradiction entre les faits observés et la théorie en vigueur fut une motivation puissante pour chercher à comprendre comment des adultes pouvaient bien se développer d’un point de vue cognitif. On l’aura compris : mon objet de recherche était l’apprentissage, au sens le plus large du terme, sans chercher pour le moment à distinguer apprentissage et développement, et notamment l’apprentissage chez les adultes. La deuxième intuition qui m’animait était qu’il fallait chercher à comprendre l’apprentissage en cherchant à comprendre l’activité, sans les séparer. Je reviendrai plus bas sur cette articulation entre activité et apprentissage qui me paraît essentielle ; mais je peux dire dès maintenant que c’est cela qui m’a poussé à aller observer l’apprentissage, non pas dans les écoles, mais dans les lieux de travail. Exprimer cela de façon aussi tranchée ne peut manquer de faire apparaître, chez l’auditeur ou le lecteur, un sursaut de surprise, voire d’indignation : comme si on ne travaillait pas dans les écoles ! Alors expliquons-nous : je veux parler de ce qu’on appelle traditionnellement les milieux de travail (usines, ateliers, bureaux, où on agit pour produire des biens et des services, et pour y gagner sa vie), par opposition au milieu scolaire, où le but est spécifiquement et formellement d’apprendre. Bref, reconnaissons-le bien volontiers : on travaille aussi à l’école, et doublement, puisqu’on y rencontre des enseignants, dont le travail et le métier s’accomplit dans des écoles, comme d’autres le font dans des ateliers, des hôpitaux ou des bureaux ; et que l’activité des élèves constitue un gros et vrai « travail », mais au sens large du terme. Cependant, et c’est ce qui m’importait, dans les écoles on travaille pour générer de l’apprentissage et je voulais pouvoir observer l’apprentissage à l’état naturel en quelque sorte, sans qu’il soit inscrit dans une intention d’apprendre et une institution qui le porte. Je développerai mon propos en deux parties, de longueur inégale. La première partie, la plus brève, décrira le cadre général dans lequel je souhaite inscrire ma réflexion. Elle portera le titre du papier : activité et apprentissage. Dans la deuxième partie, je me propose d’identifier des grandes classes de situations d’apprentissage, en cherchant à comprendre pour chacune la logique interne qui la sous-tend. Je développerai bien entendu surtout la classe de situations d’apprentissage que j’ai le plus étudiée : l’apprentissage par construction d’un milieu ou d’une situation-problème. Ceci me permettra de revenir in fine sur une des questions d’Yves Lenoir qui a structuré les journées d’études de Sherbrooke 2005 : faut-il parler de didactique professionnelle ou de didactique des savoirs professionnels ? J’essaierai de motiver la réponse que je donne à cette question.

Voir en ligne : ACCÉDER A QUELQUES PAGES COMPLÉMENTAIRES : Activité et Apprentissage avec les deux sens de la notion d’apprentissage

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