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Quelques réflexions sur l’organisation de l’activité enseignante »

Recherche et formation [En ligne], numéro 56

vendredi 25 janvier 2013, par Philippe Clauzard

Pierre Pastré, « Quelques réflexions sur l’organisation de l’activité enseignante », Recherche et formation [En ligne], 56 | 2007, mis en ligne le 21 octobre 2011, consulté le 17 octobre 2012. URL : http:// rechercheformation.revues.org/907

Quel peut être l’apport de la didactique professionnelle pour l’analyse des pratiques enseignantes ? Le texte qui suit explore la question en formulant quelques réflexions générales et en ouvrant deux pistes de recherche : 1. l’analyse de l’activité d’un enseignant peut être considérée comme la conduite d’un environnement dynamique ; 2. mais pour entrer plus avant dans l’analyse des interactions enseignant-élèves, il peut être intéressant de s’inspirer de Winnicott, en identifiant des concepts transitionnels, qui permettraient de comprendre un peu mieux la dynamique des interactions.

Quelle contribution la didactique professionnelle peut-elle apporter à l’analyse des pratiques enseignantes ? Telle est la question à laquelle voudraient répondre les quelques réflexions qui suivent. La didactique professionnelle met l’accent sur l’analyse du travail, sous une forme empruntée en grande partie à l’ergonomie de langue française : analyse de la tâche d’abord (« un but dans des conditions déteminées », selon Léontiev, 1975), analyse de l’activité ensuite (la manière dont un acteur s’approprie la tâche et l’effectue, cf. Leplat, 1997). Autrement dit, c’est un courant théorique qui se rattache aux théories de l’activité, en se donnant pour but d’analyser l’activité professionnelle telle qu’elle se manifeste dans différents métiers. Elle a commencé par le faire en analysant la conduite de systèmes techniques dans un contexte industriel. Puis, elle a élargi son champ d’investigation, de proche en proche, pour chercher à aborder aujourd’hui l’analyse de l’activité enseignante. Mais elle a toujours voulu conserver le même cadre théorique, qu’on peut résumer de la manière suivante (1) : 1. en mettant l’activité au centre de son analyse, la didactique professionnelle déplace l’accent qui a été longtemps celui des didactiques des disciplines :

celles-ci donnaient beaucoup d’importance aux savoirs (à transmettre, à s’approprier ou à construire) ; celle-là va se concentrer sur l’activité, principalement celle de l’enseignant (2) ; 2. on fait l’hypothèse que toute activité, notamment professionnelle, est organisée, en ce sens qu’elle combine invariance et variabilité. Concernant l’activité enseignante, on est frappé bien sûr par la grande variabilité des pratiques, dans la mesure où elles cherchent à s’adapter à des situations très diverses. Mais on fait l’hypothèse qu’il y a néanmoins une part d’invariance dans cette activité : c’est cela qu’on désigne par le terme d’« organisateur ». Rechercher le ou les organisateur( s) de l’activité, c’est chercher à comprendre comment cette activité est reproductible, transférable et analysable ; 3. deuxième hypothèse : nous supposons que le noyau central de cette organisation est de nature conceptuelle. Mais là il faut ajouter deux précisions : on parle de conceptualisation, et non pas de concepts ou de savoirs. On reste donc dans une approche centrée sur l’activité, avec l’idée que l’organisateur principal de l’activité réside dans un couplage entre un sujet et une situation. Le sujet retient de la situation les dimensions qui vont orienter son action : c’est en ce sens qu’il conceptualise la situation. Par ailleurs, il s’agit bien du noyau central de l’organisation de l’activité, ce qui n’exclut pas l’existence d’autres organisateurs, notamment d’origine psychosociale. Mais ceci ne sera pas abordé dans ce très court article, car cela nous entraînerait trop loin par rapport à l’objectif limité de ce papier. Ce cadre théorique a montré sa fécondité dans un certain nombre de domaines, qui ont été analysés avec cette approche. La question est de savoir si on peut l’adapter à l’analyse de l’activité enseignante. Et là on rencontre deux problèmes : 1. d’une part, l’activité d’un enseignant n’est pas dissociable de l’activité de ses élèves : il y a co-activité. Mais comment analyser une co-activité ? Il faut bien choisir un point de vue pour entrer dans l’analyse : on choisira donc le point de vue de l’enseignant, mais sans oublier qu’il faudra le référer en permanence à l’activité des élèves ; 2. d’autre part, à la différence d’autres activités de service, l’action de l’enseignant porte sur un objet à transformer qui n’est pas directement observable, puisqu’il s’agit des représentations des élèves concernant un savoir à acquérir. Ces deux problèmes sont sérieux et demanderont probablement un ajustement du cadre théorique, peut-être même sa métamorphose. En attendant, je vais livrer quelques réflexions sur le sujet, qui sont à la fois des réflexions générales et des amorces de ce que pourrait être une analyse de l’activité enseignante faite du point de vue de la didactique professionnelle.

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