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Observer, oui mais quoi ?

lundi 25 février 2013, par Philippe Clauzard

Selon les préoccupations professionnelles, l’observation diffère. On n’observe pas pareillement comme chercheur ou conseiller pédagogique. Un invariant demeure, l’observateur se situe au fond de la classe, bien souvent il prend des notes ou dans une recherche il peut enregistrer avec un matériel audio ou vidéo les interactions de la classe. Dans tous les cas de figure, il est intrus, un voyeur qui de fait interagit à son corps défendant sur la manière de faire une leçon pour l’enseignant et de la recevoir pour les élèves.

- La réflexion suivante part de celle de JC Rolland (site Résau Eppee) qui s’interroge avant tout sur la pratique des maîtres formateurs et des conseillers pédagogiques : mais que peuvent-ils observer dans une classe ? Un essai de réponse ouvert sur le monde de la recherche didactique préfère la question : Qu’est-ce qu’observer une classe ? Et quels outils méthodologiques se donner selon ce que l’on désire comprendre, démontrer ou modéliser.

- Observer est une activité d’investigation qui oscille entre 2 attitudes : objective et subjective selon les méthodes convoquées et les grains d’analyse de l’observation qui seront ensuite développées.

- En sciences "dures" : observer s’apprend et développe des compétences : il s’agit de s’interroger, d’ordonner les observations, de dégager des relations entre les éléments observés, d’analyser (sélectionner les éléments pertinents par rapport au questionnement), de communiquer avec des modélisations pertinentes. Des outils (mesure, quantification) tendent vers une attitude objective

- En sciences humaines, le facteur humain est omniprésent. L’autre ne laisse pas indifférent, les pratiques s’en ressentent, les biais se multiplient. Un facteur correcteur doit être pris en compte : il s’agit d’affiner le grain d’analyser de telle sorte que la contingence n’impacte plus, ou bien d’introduire clairement dans les analyses les contingences humaines ou subjectives qui conduisent alors à des études plus "cliniques".

- L’articulation entre ces 2 attitudes est à construire avec des outils adapté et la nécessité d’une définition des objets à observer. Nombre d’éléments du quotidien de classe sont intéressant à analyser dans le cadre d’un recherche comme dans l’observation-conseil d’un conseiller pédagogique.

- Que peut-on observer ? Petit éventail de sujet d’étude, on peut observer :

- Des enseignants : maître : pratique professionnel, réflexion pédagogique.
- Élèves : construction d’apprentissage,
- Des situations didactiques : compétences savoir/savoir faire/ savoir être ; apprentissage réel/factice ; dispositif didactique lié aux difficultés de l’objet d’apprentissage, connaissance de l’objet, travail sur des exercices de pensée de l’objet dans une visée de secondarisation, méthode de régulation des interaction, choix et définition des tâches, aptitudes à la dévolution, institutionnalisation...
- Des cadres pédagogiques : espace, temps, aménagements, lieux, ...
- ETC...

- Le conseiller dit se limiter : tout observer est impossible et non productif ! Un guide d’observation permettra de cibler les principaux éléments incontournables et amènera l’observateur choisira donc des objets ciblés au cours des observations. De même, un chercheur ne peut pas tout regarder : seulement ce qui intéresse sa problématique...

- la liste suivante suggère les types d’observations possibles :
- observation libre pour amener au questionnement
- observation organisée pour rechercher des indices, dégager des critères, vérifier, sélectionner
- observations comparées avec d’autres observations ou avec des documents
- observations suivies dans le temps pour comprendre une évolution
- observation et mesures

- L’observateur peut choisir de comprendre le travail de planification de l’enseignant observé, en aval ; et en amont, observer le fonctionnement du groupe classe avec des éléments ciblés à observer comme les interactions, les comportements, les attitudes, les réactions physiques et verbales d’élève à élève, d’élèves à élèves, d’élève à enseignant, d’élèves à enseignant, d’élève à observateur, d’élèves à observateur. il convient de toujours prendre en compte la présence de l’observateur qui induit par nature quelques perturbations.
- Au regard du travail de l’enseignant, nous avons comme observable : son comportement, son attitude, sa voix, son activité : physique, verbale ses réactions : physiques, verbales, sa "personnalité".
- On privilégie aussi le cadre spatio-temporel avec une observation de l’espace : disposition du mobilier, affichages, gestion du tableau, du bureau, utilisation du matériel, occupation de l’espace, déplacements. Le temps importe : planification, gestion ; écart entre temps prévu et temps réel. Une attention est portée sur le dispositif, son adéquation aux objectifs, sa mise en œuvre. On observe également la préparation écrite, le matériel, les outils, les documents, la pertinence des consignes. les procédés pédagogiques utilisés, la prise en compte des processus mentaux des élèves, des processus d’apprentissage.

Documents joints :

- observation complète (PDF – 934.7 ko)

- observation simple (PDF – 101.1 ko)

P.-S.

Source : JC Rolland (site Résau Eppee)

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